ET SI LES CHEVEUX BLANCS
ÉTAIENT À LA MODE ?


Si l'apparition des premiers cheveux blancs effraie, les femmes osent de plus en plus afficher leurs chevelures 100% blanches. Retour sur ce phénomène.

Le cheveu blanc se révèle : de plus en plus de femmes témoignent de leur choix d'arrêter les colorations et d'assumer leur chevelure grise, bousculant les conventions esthétiques traditionnelles basées sur le culte de la jeunesse. Journaliste de mode et écrivain, Sophie Fontanel a décidé il y a deux ans d'arrêter les teintures pour laisser pousser ses cheveux blancs. Une expérience dont elle a partagé toutes les étapes avec ses 119.000 abonnés sur Instagram et qu'elle relate dans un livre, «Une apparition» qui sort le 17 août.


C'est plus beau que d'être teinte.

SOPHIE FONTANEL

Cette tendance à assumer ses cheveux blancs, venue des Etats-Unis, s'est popularisée depuis quelques années : des femmes, trentenaires, quadra et plus, s'expriment sur des forums et sites tels «Revolution Gray», motivées pour beaucoup par la lassitude des colorations répétées et la crainte des teintures chimiques. Chez Sophie Fontanel, habituée des Fashion Weeks, la démarche était avant tout une question esthétique. «Je n'ai pas du tout fait cela pour être naturelle. Je l'ai fait parce que j'ai eu l'intuition que c'était plus beau que d'être teinte», explique la journaliste de 54 ans à l'AFP. Revendiquant le côté «très prosélyte» de sa démarche, elle en a fait une expérience interactive, en postant régulièrement des photos d'elle aux différents stades de la pousse de ses cheveux blancs.

Démonter les a priori

«En voyant mes propres résistances à me laisser les cheveux blancs, je me suis demandée ce que cela voulait dire. Je me suis dit qu'il serait intéressant de mettre ça sur la place publique, de voir les réactions», raconte-t-elle. «Je savais que ça susciterait de l'intérêt, mais pas à ce point ! Maintenant je reçois énormément de messages privés qui me disent regardez, moi aussi je le fais. Je vois bien que j'ai encouragé des femmes. Cela m'a demandé une certaine audace», dit-elle. «Je pense que les femmes, parce qu'elles sont pétries de conventions, se refusent à des beautés satellites».

La journaliste, qui a travaillé quinze ans pour le magazine Elle et tient aujourd'hui une chronique mode à L'Obs, a voulu «démonter tous les a priori» sur les cheveux blancs : qu'ils seraient trop épais, qu'il faudrait les avoir courts, qu'ils ne ne plairaient pas aux hommes... Dans la mode déjà, certaines figures avaient ouvert la voie : l'Américaine Kristen McMenamy, mannequin des années 1990 connue pour son style androgyne, a arrêté les colorations à l'approche de la quarantaine. Silhouette familière des Fashion Weeks, la journaliste du Vogue britannique Sarah Harris, une trentenaire, affiche elle aussi une longue chevelure argentée.

Un choix esthétique parmi d'autres

La couleur a aussi séduit des stars comme Lady Gaga ou Rihanna, qui se sont essayées à des teintures grises. Les coiffeurs surfent sur cette tendance, proposant des solutions pour accompagner la période de transition et atténuer l'effet bicolore, explique André Delahaigue, directeur artistique des salons Mania.


Par Aurélia Lebailly avec AFP